La mission morale de Robespierre

Au printemps 1794, le système de la Terreur a atteint son efficacité maximum.
Son succès tient surtout à l’habileté de Robespierre à la diriger. Il a accaparé à son profit la parole au nom du peuple. Il est investi d'une mission morale : séparer les bons des méchants.
Utilisant la logique du complot aristocratique, il exerce son influence sur la population et les députés en dénonçant les ennemis du peuple. Ses discours ont valeur de sentence capitale pour les personnes désignées.

C’est ainsi que Robespierre se débarrasse de deux factions qui s'opposent à sa politique.
D'une part ses discours mènent à l'échafaud un parti modéré souhaitant la fin de la Terreur.
D'autre part il supprime une faction populaire extrémiste qui exige une radicalisation de la Révolution.
Cette dernière manoeuvre ne sera pas sans conséquences pour lui. En effet, elle brise le lien fondamental qui le liait personnellement au peuple révolutionnaire et qui lui permettait de parler en son nom.