Remarques préliminaires: après avoir cherché en vain un article scientifique concernant les premiers soins, les premiers secours, les samaritains, ... c'est Yasmin Shubber qui, en ayant trouvé deux, m'en a passé un.

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Children's perception of safety and danger on the road

Kwame Ampofo-Boateng & James A. Thomson, in Journal of Psychology (1991)

Résumé

Cette étude teste la capacité d'enfants, agés de 5 à 11 ans, à choisir un endroit sûr pour traverser la route. Les situations qui étaient présentées aux enfants étaient soit tout à fait sûres, soit dangereuses. Ces taches étaient présentées dans 3 conditions différentes: une simulation avec des maquettes, une simulation par des photos, et la réalité. Les patterns de résultats sont très constants: les enfants de 5 à 7 ans ne sont pas capables de juger du danger de cerains endroits. Leur jugement repose sur la présence ou l'abscence de véhicules dans les environs directs. Les enfants testés ne font pas non plus de détours lorsqu'un danger nouveau survient. Ce n'est qu'à partir de 9 ans, et surtout 11 ans que les sujets commencent à être plus vigilants et se rendent compte du danger. Pas de différences de sexe apparentes.Cette recherche met en évidence le fait que les enfants jusqu'à 9 ans n'ont pas la capacité de reconnaitre un endroit dangereux, même s'ils connaissent le Green Cross Code.

Introduction

Les accidents impliquants des enfants, en particuliers entre 5 et 9 ans, sont fréquemment les victimes d'accidents de la circulation; ils sont 4 fois plus fréquents que pour des adultes. Ici, il faut noter que ces accidents impliquent deux fois plus de garçons que de filles. Le plus important dans ce domaine est d'expliquer ces régularités pour pouvoir ensuite trouver un moyen d'y remédier.

La plupart des pays ont mis en place des programmes d'apprentissage pour ces problèmes. En Angleterre, il y a le Green Cross Code, un ensemble simple de règles et procédure appliquable concrètement par l'enfant. Mais cet effort, ainsi que d'autres dans le même genre, n'a pas porté les fruit escomptés.

Selon les auteurs, les méthodes proposées aujourd'hui aux enfants ne sont pas basées sur les compétences qu'il faudrait acquérir. D'autres auteurs ont tentés de mettre en évidences les skills perceptuo-moteurs nécessaires pour traverser la route en toute sécurité. Ces connaissances vont bien plus loin que les simples règles enseignées par le Green Cross Code et incluent la capacité de juger le temps de contact avec des véhicules (impliquent une estimation relativement précise de la distance ainsi que de la vitesse relative du véhicule). Ce type de capacité est peu développée chez les enfants en bas âge, mais peut être développé avec de l'entrainnement.

La présente étude met en évidence la sophistication des habiletés nécessaires pour traverser une route et montre qu'une approche basée sur l'application de règles est inadaptée. Elle montre également qu'une base théorique solide est indispensable afin de déterminer les connaissances qui doivent être enseignées en premier.

Ce papier concerne particulièrement une habileté peu discutée: pouvoir reconnaître le danger potientiel lié à un lieu donné, et où il ne faudrait pas traverser la route (ou alors en mettant en oeuvre une stratégie particulière).

Le Code apprend aux enfants à traverser des grandes routes signalisées; mais la majorité des accidents se passent sur des petites routes (et le plus souvent à moins d'un kilomètre de leur maison). Les enfants, dans ces cas-là, se reposent sur leur propre capacité, les règles du Code n'étant pas applicables telles quelles. La première règle de ce code demande aux enfants de trouver un passage sûr pour traverser; mais cela implique qu'ils puissent l'identifier.

Les auteurs se sont renseignés in vivo sur les sites d'accidents: ils ont remarqué qu'il s'agissait le plus souvent d'endroits sub-ubains (à l'extérieur du centre ville). En particulier les endroits dnas lesquels la visibilité est restreinte ou la configuration est visuellement complexe.

Les expériences menées ici ont pour but de répondre à trois questions:

  1. Comment les enfants peuvent différencier des endroits sûrs d'endroits dangereux pour traverser la route ?
  2. En quoi le sexe et l'âge ont-ils un effet sur la sécurité ?
  3. Quels objets dans l'environnement posent le plus de problèmes en terme d'identification du danger ?

Les quatre expériences

L'approche générale était de mettre l'enfant dans 2 situations pour chaque expérience, à savoir des taches de recognition et de construction. Pour la première, les sujets doivent simplement reconnaître, identifier un endroit dangereux (comparé à un endroit complètement sûr). Dans la seconde, la tache des enfants était de sélectionner une route sûre pour eux-même.

Les sujets des 4 expériences sont 64 enfants de 5, 7, 9 et 11 ans provenant d'une école anglaise.

La première expérience met en évidence le fait que les enfants reconnaissent un endroit dangereux très tardivement, à partir de 11 ans. Il faut cependant noter une possibilité de biais à ce niveau: en effet, les scores sont mesurés entre autres par la justification verbale, il est donc possible que les jeunes enfants soient défavorisés pour l'expression (après vérification, les auteurs excluent ce biais). D'une manière générale, les jeunes enfants jugeaient une situation dangereuse lorsqu'une voiture était visible, même si ce véhicule ne roule pas dans la direction de l'enfant. En soi cela ne paraît pas poser de problèmes, mais, à l'inverse, les enfants jugent comme étant tout-à-fait sûre une situation dans laquelle on ne voit pas de véhicules. Jusqu'à environ 9 ans, les enfants n'imaginent pas qu'un obstacle peut cacher la vue d'un danger. Il peut être intéressant de noter que, contrairement aux données statistiques, les auteurs n'observent aucune différence liée au sexe.

Un second problème lié à la méthode expérimentale est mis en avant par les auteurs: étant donné certaines conditions expérimentales, maquettes d'une route, qui nécessitent de la part du sujet une décentration, cette capacité n'est pas acquise avant 8 ans. Comme les enfants bénéficient d'un point de vue d'en haut, il n'y a effectivement aucun problèmes de visibilité...

Les expériences suivantes ont été conçues afin que l'enfant n'ait pas besoin de se décentrer.

Dans l'expérience 2, les sujets adoptent le même point de vue que la poupée dont ils doivent juger la sécurité sur la maquette. Les résultats de cette expérience rejoignent ceux exposés pour l'expérience précédente.

La méthodologie de l'expérience 3 est organisée de telle sorte que l'enfant soit forcé à trouver un autre critère de danger que la présence ou l'absence de voiture. Ceci est permi en disant à l'enfant qu'il va devoir comparer 2 situations, dont l'une est sûre et l'autre dangereuse. Les patterns mis en évidence avec cette expérience ne diffèrent pas non plus des précédents. Les enfants ont toujours du mal à identifier les situations dangereuses, du fait de leur centration sur le critère absence/présence de voiture dans les environs.

Pour l'expérience 4, les deux groupes de sujets sont âgés de 5 et 7 ans. La procédure est identique à l'expérience précédente au détail près qu'elle se déroule maintenant dans le traffic réel. La non plus, les résultats ne varient pas et l'abscence de véhicules est un critère de sécurité absolu.

Conclusion

Les auteurs tirent les conclusions qui s'imposent:

Synthèse avec notre didacticiel

Les principales différences sont que notre programme s'adresse particulièrement aux adultes, il ne concerne pas directement la sécurité routière et il consiste en une situation d'urgence (et moins spécifiquement dangereuse). Toutefois, il est clairement mis en évidence dans le texte, tout au moins pour des enfants, que l'apprentissage d'une série de règles n'est pas suffisant pour obtenire un effet significatif sur la sécurité des piétons.

Un des intérets de notre logiciel est de mettre en évidence l'utilisation de deux types de connaissances pour faire face à des situations d'urgence: Le problème de la formation est abordé ici de plein fouet. Il pourrait être intéressant de proposer à l'apprenant plusieurs types de connaissances afin de lui permettre de s'adapter à des situations nouvelles, mais également pour le rendre conscient d'un certain nombre de choses.

Le second intéret de notre didacticiel est de permettre à l'utilisateur de se tromper, et surtout d'examiner les raisons de ses erreurs. En effet, il est intégré dans le programme une tentative de méta-réflexion (en comparant les activités de l'apprenant à celles d'un expert). On trouve également les différents types de connaissances nécessaires à la sauvegarde d'un blessé: procédurale (application de règles dans la partie simulation), (méta-)réflexion (dans la partie de comparaison) et déclaratives (dans la partie QCM, qui sert aussi de remédiation en cas d'erreur).

On peut imaginer une version de notre logiciel allégée et simplifiée pour les enfants. Dans ce cas, notre didacticiel pourrait leur permettre de se décentrer progressivement, pourrait aider à développer des stratégies métacognitives, .... En plongeant les enfants dans une simulation qui leur permetde réfléchir, d'agir et de voir les conséquences de leurs actes.

De plus, la problématique n'est pas la même dans notre logiciel que dans l'expérience rapportée ici (ceci est en grande partie dû à l'incapacité de l'étudiant à trouver un texte dans une bibliothèque). Ce qui intéresse notre logiciel en premier chef, c'est l'actualisation, dans un environnement favorisant la résolution de problèmes, de stratégies souples acquises de manière déclarative, dans une situation procédurale. Alors que cette expérience met en évidence le manque de