L'échappement est l'organe de l'horloge ayant subi le plus de perfectionnement entre les années 1300 à 1700: son rôle est de transmettre et régulariser le mouvement du poids ou du ressort. Inventé par "un obscur génie" entre 1300 et 1400, l'échappement à foliot et roue de rencontre permet de relâcher périodiquement la roue grâce à l'oscillateur à foliot ("fou"). Le foliot fonctionne plus comme un ralentisseur de la chute du poids que comme un régulateur.
Concrètement, les impulsions données par les dents de la roue sur les palettes de la verge entretiennent le mouvement de l'oscillateur à foliot, lancé alternativement d'un côté puis de l'autre. La fonction de l’échappement est essentiellement celle d'un régulateur de force. Pour entraîner un mécanisme capable d'égrainer les minutes et les heures, il faut impérativement une source d'énergie. Inutile de penser à l'eau puisqu'il s'agit justement de la remplacer. On songe alors à un poids suspendu à une corde.
Mais qui "on" ? On l'ignore. Qu'une si grande invention soit restée anonyme, voilà qui sort de l'ordinaire. Tout au plus peut-on dater sa première apparition en Angleterre au milieu du 13ème siècle. Un pays qui gardera longtemps une hégémonie certaine dans le domaine. Le poids ne fait pas tout. Il faut évidemment un mécanisme qui fasse l'intermédiaire entre lui et le système d'affichage (les premières horloges n'avaient qu'une aiguille, la minute n'étant pas rentré dans les moeurs).
C'est là que les choses se corsent. Si on le laisse faire, le poids va rejoindre le sol aussi vite que la force de gravitation le lui suggère. Notre aiguille tournera alors comme une folle avant de s'immobiliser tout aussi rapidement. Il s'agit donc de contraindre notre poids dans sa chute sans l'immobiliser pour autant, car à quoi servirait une horloge qui n'égrène pas les heures ? C'est donc dans le juste milieu que se trouve la solution. Ce fameux poids, il faut l'arrêter, puis le libérer, puis l'arrêter à nouveau, puis le libérer encore et ainsi de suite. Un coup oui, un coup non. Tic. Tac. Voilà exactement le rôle de l’échappement.
Comment s’y prend-il ? De mille façons possibles. Mais prenons la première, celle de l’horloge à foliot. La corde attachée au poids est tout d'abord enroulée sur un tambour solidaire d'un axe au bout duquel se trouve une roue savamment dentée et destinée à tourner. Dans les crans de cette dernière viennent s'enchâsser alternativement deux palettes montées sur la barre verticale d'un foliot, une pièce en forme de T dont la barre horizontale porte un poids à chacune de ses extrémités. La position de ces charges peut être modifiée afin de régler la durée des oscillations. Puisque les palettes interviennent alternativement, le foliot avance une fois dans une direction, la fois suivante dans l'autre. Tic. Tac. Une fois encore, le seul but de cet empilement d'axes, de roues et de palettes consiste à distiller la force produite par le poids.