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Question 1

 

En quoi un hypertexte est-il plus ou moins approprié qu’un texte linéaire pour permettre à l’apprenant de se construire un modèle mental du contenu du texte ?

 

Pour que l’apprenant puisse se construire un modèle mental du contenu du texte, la présentation de l’hypertexte doit garder une structure rhétorique semblable à celle des textes traditionnels. Il doit donc comprendre une table des matières, un index, des titres, des énoncés, etc. Ceci facilite la « compatibilité cognitive » car le document électronique aurait ainsi une certaine analogie avec les représentations antérieures des utilisateurs.

Selon Rouet, les outils analogues à ceux qui sont présentés dans les ouvrages imprimés (table de matières, par exemple) ne posent pas de problèmes aux utilisateurs car ils ont une place dans leurs représentations mentales. En effet, pour lire des documents plus complexes comme les hypertextes, l’utilisateur s’appuie fondamentalement sur sa connaissance de structures textuelles standardisées ou culturellement partagées.


Cependant, à notre avis, l’hypertexte doit maintenir une plus grande cohérence globale et locale que le texte linéaire traditionnel car la possibilité de visiter différentes unités d’informations selon un « parcours » que l’utilisateur construit lui-même (selon ses choix dans les liens proposés qui peuvent être de nature spatiale, sémantique ou sociale, de ses recherches par mots clés, etc.) est loin d’être trivial surtout pour les nouveaux utilisateurs. C’est pour cette raison que les outils plus récents comme la recherche par mots clés ou la table de références croisées sont moins bien utilisés que les outils traditionnels. Ces outils ne s’intègrent que progressivement au schéma procédural construit par l’individu. En effet, pour que le système soit fonctionnel, l’utilisateur doit être capable de se construire une représentation exacte de la façon dont le système fonctionne et cela se fait uniquement par la pratique ou par l'existence d'espaces répondant à une conception très élaborée dans ce sens (voir question 4).







A ce sujet, Rouet affirme que la familiarisation des utilisateurs avec les hypermédia constitue une donnée essentielle pour apprécier le potentiel, la fonctionnalité et les limites des techniques interactives.


De plus, les recherches menées en psychologie de la compréhension suggèrent que la fonctionnalité d’un hypertexte dépend fortement de la prise en compte d’un modèle cognitif de l’utilisateur dès les phases précoces du processus de conception. D’après Rouet, l’efficacité des systèmes hypermédia comme outil d’apprentissage, dépend de leur compatibilité avec les processus et les représentations cognitives des utilisateurs. Autrement dit, le système informatique doit s’adapter aux tâches, aux besoins et aux caractéristiques de l’utilisateur.


Il faut encore faire une distinction entre les domaines concernés. En effet s'il s'agit d'un domaine bien structuré, un hypertexte non linéaire ne conviendra pas forcément. Par exemple, pour aborder la table de multiplication, Rand J. Spiro précise qu'il est préférable d'utiliser les "computer based drill".
Par contre pour maîtriser des connaissances d'un niveau expert dans un domaine à structure complexe, un hypertexte linéaire sera insuffisant. Il ne permettra pas à l'apprenant de se construire un modèle mental réutilisable dans d'autres circonstances. Ainsi, pour des structures complexes, il devient nécessaire de s’intéresser non plus uniquement aux liens de navigation spatiale mais aussi à ceux concernant la sémantique. En effet, dans ce genre de cas à structure complexe des liens sémantiques peuvent permettre en regroupant des notions proches ou opposées de mettre en place un modèle mental mieux adapté qu’un texte linéaire où ces regroupements ne sont pas possibles.