staf 13
iconomètrie
Paul Oberson
 
 

examiner une partie d'échec examiner mauvaise direction mauvais un bon homard

bon, bien observer observer une pomme juger nouveau dossier

Iconomètre
 

Objectifs
Réalisation et concept
Difficultés
Conclusion

Objectifs : l'idée était de profiter de ce travail pour examiner les pistes suggérées par la littérature.
Ainsi Wileman propose cinq catégories d'icônes graphiques ou picturales, qu'il discrimine selon le rapport à la représentation du réel. Darras lui, voit six qualités de signes graphiques dans sa taxonomie des modélisations sémio-cognitives. Certains recoupements rendent ces classements assez proches. Ainsi la même icône se retrouve chez Wileman comme symbole graphique arbitraire et chez Darras comme schéma niveau super-ordoné. Ces deux catégories désignent les représentations graphiques les plus abstraites, exception faite des caractères alphanumériques, leur compréhension dépend d'un apprentissage plutôt que d'une induction. Hormis cette dernière catégorie extérieure à notre champ d'expérimentation qui exclut l'apprentissage (on découvre les représentations dans l'iconomètre sans aucun prérequis ni apprentissage préalable), nous nous sommes attaché à explorer l'ensemble des autres catégories présentées, ce qui confère peut-être à ce travail une prime apparence quelque peu chaotique.

Réalisation et concept : les principaux procédés utilisés afin de résoudre les problèmes les plus complexes sont ceux de la relation de proximité et de l'insertion. Les représentations touchant aux abstractions métaphysiques ou aux représentations procédurales impliquant une suite d'actions, ou pour le moins un binôme (agir sur un objet) présentent une structure mathétique de plus d'envergure qui implique un cumul de signifiants.
Nous appelons relation de proximité le rapport spatial qu'induit un  cadre englobant deux éléments distincts. Ainsi notre troisième icône où l'on voit un individu tendant son pousse vers le bas (mauvais) et le symbole d'une boussole (direction) indique "une mauvaise direction" et lie une qualité à un concept par la seule proximité des deux icônes.
L'insertion est l'attitude adoptée pour notre première icône. Le microscope (examiner) se retrouve lié à la pièce de l'échiquier par un rapport imitant la logique du réel (on tente de suggérer que la pièce est placée sous l'optique grossissante à seule fin d'être examinée), la pièce s'inscrit ainsi dans la fonctionnalité du concept et se trouve liée à son iconotype frère de façon intime.

Difficultés : les difficultés rencontrées ont été de trois ordres :
- difficultés liées à la modélisation sémio-cognitive et aux variations idiosyncrasiques. Si la balance comme symbole de justice paraît (à tort peut-être) une cause entendue, que dire des représentations les plus tetrapiloctomiques comme celle du "bon homard"? Peut-on vraiment espérer que son sens voulu sera interprété de façon unanime?
- difficultés d'ordre graphique liées au parti pris exploratoire amenant un manque d'homogénéité de l'esthétique des résultats.
- difficultés liées à l'iconomètre :
problème de compression :  l'iconomètre ne permet de légender que d'un substantif. Comment alors exprimer une action sur un objet en un sel mot ?
problème d'utilisation : je ne suis pas vraiment parvenu à entrer mes icônes selon l'ordre souhaité.

Conclusion : les difficultés précitées, et plus particulièrement la troisième, vident de leur sens l'analyse des résultats de l'iconomètre. Un autre facteur limitatif s'y ajoute, le fait que le testeur peut comprendre le concept sans l'exprimer avec les mêmes mots que le concepteur, ainsi par exemple "justice" pour "juger". Malgré ces limites l'iconomètre reste un excellent outil d'initiation à la complexité que recèle toute iconographie, prfois derrière une simplicité d'apparence.

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